Un consultant en habit signe 40 autographes au Comiccon, les participants convaincus qu'il incarnait « le patron dans Severance »

MONTRÉAL. Un consultant en gestion de 41 ans qui coupait par le Palais des congrès pour éviter la pluie samedi midi a signé 40 autographes et posé pour 112 égoportraits en 35 minutes, les participants du Comiccon étant convaincus qu’il s’agissait du meilleur cosplay corporatif de la fin de semaine.
Frédéric Aubry-Marchand, associé principal dans une firme du centre-ville, sortait d’une rencontre client lorsqu’il a été intercepté près des escaliers mécaniques par un premier groupe d’admirateurs. « Le gars avait le veston gris, la cravate étranglée, le lanyard, le café refroidi, pis surtout le regard. Le regard, ça se fake pas », témoigne Maude Sicotte-Lavallée, 24 ans, déguisée en personnage d’anime, qui lui a fait signer son cahier de croquis.
La confusion s’est amplifiée quand M. Aubry-Marchand, croyant participer à une activité de réseautage, a commencé à distribuer ses cartes professionnelles. Les participants y ont vu un accessoire d’immersion d’une rare qualité. « Il restait dans son personnage même quand on lui posait des questions. On lui a demandé son pouvoir spécial, il a répondu “l’optimisation des processus”. On a eu des frissons », raconte un cosplayeur croisé au kiosque de bandes dessinées.
Le jury du concours de costumes lui a décerné une mention spéciale dans la catégorie « antagoniste réaliste », soulignant « un niveau de détail troublant, jusqu’aux cernes ». Le principal intéressé n’a compris la méprise qu’au moment de recevoir sa médaille. « Moé, je pensais que c’était un 5 à 7 d’affaires avec un code vestimentaire créatif. En 20 ans de carrière, c’est la première fois que le monde était content de me voir arriver », a-t-il confié, visiblement ému.
M. Aubry-Marchand a depuis annulé son abonnement au golf et réservé ses billets pour l’édition 2027, où il prévoit présenter une version améliorée de son personnage, avec deux téléphones.
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