Hydro-Québec annonce vouloir atteindre la carboneutralité en construisant un troisième barrage, uniquement pour compenser les émissions des deux premiers

Montréal, le 4 juillet. Devant l’explosion de 38,4 % des émissions de gaz à effet de serre liées à ses activités, Hydro-Québec a dévoilé hier un plan de carboneutralité qui repose sur un seul pilier : la construction d’un troisième grand barrage, destiné exclusivement à compenser les émissions générées par les deux premiers.
Selon le document de 214 pages déposé à la Régie de l’énergie, le nouveau barrage, baptisé provisoirement « La Grande-3.5 », produira 1 847 mégawatts d’électricité propre, dont la totalité sera réinjectée dans le réseau pour alimenter les chantiers requis pour construire un éventuel quatrième barrage, celui-là chargé de compenser les émissions du troisième. La société d’État évalue le coût du projet à 12,6 milliards de dollars, une somme qu’elle qualifie de « raisonnable dans les circonstances qu’on a nous-mêmes créées ».
« Moé là, j’comprends pas trop, mais si ça donne de la job à mon chum qui est ferrailleur à Baie-Comeau, j’suis pour, lance Réjean Bilodeau, 54 ans, retraité de la construction à Sept-Îles. On va finir par en construire un pour compenser le monde qui vient les visiter en camping-car, tsé. »
La direction d’Hydro-Québec assure que la stratégie s’inscrit dans une « logique circulaire vertueuse », un concept que ses experts en communication ont eux-mêmes eu du mal à expliquer sans notes. Un porte-parole a précisé que les 1 847 mégawatts excédentaires du nouveau barrage seraient vendus au Vermont, qui les utilisera pour alimenter une usine construisant des turbines destinées à d’autres barrages ailleurs, dont les émissions devront à leur tour être compensées.
Le ministère de l’Environnement du Québec a salué l’initiative, précisant qu’elle permettrait d’atteindre la carboneutralité dès 2071, à condition qu’aucun autre barrage ne soit requis pour compenser celui-là.
Site satirique. Toutes les nouvelles sont fictives.

