Le directeur des élections confirme l'absence de tout projet informatique : le dépouillement se fera à la main, « comme depuis le début de la fédération »

QUÉBEC. À une semaine du scrutin, le Directeur général des élections a tenu à rassurer la population : aucun projet informatique, dépassé ou non, ne viendra perturber la soirée électorale du 5 octobre, puisque le dépouillement se fera entièrement à la main, bulletin papier par bulletin papier, « comme on le fait depuis le début de la fédération, pis franchement, ça marche ».
« C’est le processus le plus manuel de toute l’administration publique québécoise, et on en est pas mal fiers », a expliqué Normand Hébert-Sauvageau, 54 ans, porte-parole du DGE, en précisant que les quelque 3 800 tables de scrutin seront équipées de crayons à mine taillés à la main, de 41 200 élastiques certifiés conformes et de thermos de café « non connectés ». Le seul appareil électronique toléré dans les locaux de scrutin demeure « la calculatrice de Gertrude, au comptoir 7 de Matane, achetée en 1994 ».
La formule a d’ailleurs valu au processus électoral québécois une reconnaissance internationale : le dépouillement manuel vient d’être inscrit au patrimoine culturel immatériel de l’humanité, aux côtés de la pizza napolitaine et de la fabrication du violon à Crémone. « L’UNESCO a été formelle : un processus démocratique qui n’a jamais connu de dépassement de coûts informatiques, ça n’existe plus ailleurs, faut protéger ça », a précisé M. Hébert-Sauvageau, qui rappelle que le budget du dépouillement, 14,7 millions de dollars, « est le même, en dollars constants, que celui de 1867, si on compte le café ».
Contrairement au projet d’informatisation du réseau de la santé, dont les indicateurs ont récemment été « remis au vert », le DGE n’a jamais eu à remettre quoi que ce soit au vert, « parce qu’on a jamais eu d’indicateurs. On a des crayons ».
Le DGE confirme par ailleurs qu’un comité étudie l’ajout d’une deuxième calculatrice au scrutin de 2030. Le rapport est attendu en 2031.
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